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Procès du Paris-Opéra : "Si le veilleur avait su se servir d'un extincteur..."

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Procès du Paris-Opéra : "Si le veilleur avait su se servir d'un extincteur..."

Message par Braveheart le Jeu 14 Nov - 19:49

Procès du Paris-Opéra : "Si le veilleur avait su se servir d'un extincteur..."
Publié le 14-11-2013 à 13h12Par Celine Rastello
Huit ans après le drame qui avait fait 24 morts, le procès s'ouvre à Paris. Aomar Ikhlef, vice-président d'une association de victimes, a perdu sa nièce et le mari de celle-ci.

Rassemblement en hommages aux victimes de l'hôtel Paris-Opéra le 15 avril 2006 à Paris. (Delphine Goldsztejn/ Max PPP
» Incendie de l'hôtel Paris-Opéra : le procès s'ouvre, huit ans après
24 morts, parmi lesquels 9 femmes et 11 enfants : tel a été le terrible bilan de l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra, le 15 avril 2005 à Paris. La plupart des familles logées dans cet établissement, étrangères et en difficulté, y avaient été envoyées par le Samu social via des associations. Ce jeudi 14 novembre à 13h30, plus de 8 ans après le drame, s'ouvre le procès devant le tribunal correctionnel de Paris. Quatre personnes - le veilleur de nuit, sa petite amie de l'époque et le couple de gérants - sont poursuivies pour homicides et blessures involontaires. Pas les pouvoirs publics ni les acteurs sociaux, comme les victimes le souhaitaient.

Ce qu'on sait à ce jour du sinistre ? L'hôtel était suroccupé. Le veilleur de nuit avait consommé de l'alcool et de la cocaïne et que sa petite amie d'alors, en "rage" contre ce comportement, avait jeté ses vêtements sur leur couche improvisée, dans la salle à manger de l'hôtel, éclairée à la bougie. "Le Nouvel Observateur" a questionné Aomar Ikhlef, vice-président de l'association Avipo (Association des victimes de l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra), partie civile. Sa nièce et le mari de celle-ci sont morts dans l'incendie, laissant deux enfants de 10 et 12 ans.

Le procès s'ouvre plus de 8 ans après les faits. Dans quel état d'esprit sont les parties civiles ?

- Je ne saurai décrire l'état d'esprit de toutes les parties civiles, qui sont nombreuses et pas forcément des proches de familles qui se trouvaient dans l'hôtel. Ce sont aussi des victimes latérales, les commerces situés sous l'hôtel par exemple. En ce qui concerne les familles qui étaient dans l'hôtel, il y a à la fois beaucoup d'angoisse et de sérénité. De la sérénité parce qu'avec le temps, elles ont pris du recul et commencent à voir un peu plus clair dans les responsabilités des uns et des autres. De l'angoisse aussi parce qu'il est très difficile de revivre ces moments, et qu'elles vont y être obligées puisqu'elles vont témoigner au procès.

Comment pouvez-vous aujourd'hui expliquer ce drame ?

- On n'a pas d'explication à donner sur le geste malheureux d'une femme en révolte contre son petit ami. On peut constater en revanche que ce drame n'aurait pas eu lieu si, à la base, un certain nombre d'erreurs n'avait pas été commises. Directement, par le veilleur de nuit en charge de la garde de cet hôtel, mais aussi en amont par les contrôleurs de la préfecture de police qui n'ont rien vu, et le Samu social qui continuait, au sens propre du terme, à déverser des familles dans cet hôtel sans aucun contrôle, ni du nombre de personnes, ni de la qualité de l'accueil. Il y avait près de 80 personnes pour 60, voire 50, places régulières. On était dans un sureffectif complètement démoniaque.

Si le veilleur de nuit, son amie d'alors et les gérants sont poursuivis, ce n'est pas le cas des pouvoirs publics ni des acteurs sociaux. Manque-t-il toujours, selon vous, des personnes sur le banc des accusés ?

- Essentiellement la préfecture de police, qui nous doit des explications sur cette absence de contrôle correct. Contrairement aux hôtels dits sociaux, les hôtels étoilés sont dirigés par des gens qui sont formés pour recevoir des personnes, et la préfecture de police ne pouvait l'ignorer. On se devait et on se doit d'avoir un contrôle beaucoup plus efficace pour dissuader les indélicats, sinon les tricheurs. Et le Samu social puisqu'à l'hôtel Paris-Opéra l'essentiel des familles était dirigées par le Samu social. Alors oui, on aimerait bien que ces gens viennent s'expliquer.

Cet incendie avait été le premier d'une triste série dans des hôtels ou meublés de Paris hébergeant essentiellement des étrangers. En quelques mois, 52 personnes avaient trouvé la mort, entraînant ensuite un renforcement des normes anti-incendie dans l'hôtellerie. Y a-t-il eu un "après Opéra" ?

- Sans doute. Au niveau de la réglementation, on peut parler d'un après Opéra puisqu'on sait que les modifications qui ont été apportées étaient pratiquement mot pour mot le listing de ce qui a manqué à Paris-Opéra : les systèmes d'alerte qui sont censés être beaucoup plus efficaces, l'encloisonnement des escaliers quand c'est possible, sinon un système d'alerte efficace pour pallier cette difficulté - notamment dans le cas des vieux hôtels où on ne peut pas mettre d'escalier de secours, et la formation des veilleurs de nuit et de tout le personnel qui s'occupe de l'accueil des personnes fréquentant l'hôtel, qui est absolument indispensable.

Quand on songe qu'à l'hôtel Paris-Opéra si le veilleur avait su se servir d'un petit extincteur, on n'en serait pas là... Le contrôle a depuis été renforcé. Avant, le contrôleur de la préfecture de police passait une vingtaine de minutes par hôtel, guidé par l'hôtelier. Autrement dit il ne voyait rien et ne voulait rien voir. Si toutes ces petites choses sont tenues et que les contrôles veillent à leur respect, on peut en effet limiter le nombre d'incidents.

Que doit-on encore améliorer ?

- On doit faire des efforts au niveau des contrôles, et surtout ne pas céder aux lobbys des hôteliers qui en réclament toujours plus en menaçant de fermer les hôtels et de ne plus avoir de logements pour les familles. Il ne faut aussi veiller à ce que les organismes sociaux qui envoient des familles dans des hôtels meublés - ce qui n'est pas le cas actuellement - aient la possibilité de faire un suivi social des personnes. Cela ne veut pas dire venir avec des enveloppes pour distribuer de l'argent, mais écouter les familles, essayer de comprendre où se trouvent les problèmes, et en référer éventuellement à la préfecture de police.

Propos recueillis par Céline Rastello - Le Nouvel Observateur
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